Résumé

Dominique Verlon, natif de Bastia, se retrouve à douze ans, orphelin de père. Par la suite, sa mère sera hospitalisée sans espoir de guérison.

À 16 ans, Dominique commence à fréquenter une bande de voyous. À 18 ans, il débarque à Marseille, où il commence à vivre confortablement de vols de voitures, cambriolages de villas de luxe, etc. Progressivement, il s’intègre dans le milieu du grand banditisme marseillais… Un jour, il croise le chemin d’Isabelle Duval : visage de nymphe, jolis yeux verts, longs cheveux blonds, et un corps parfait. Outre ses atouts extérieurs, la nature l’a gratifiée d’une forte personnalité et d’un tempérament de feu. Issue d’une famille modeste, à 21 ans, elle rêve de liberté, d’amour et de luxe.

Ayant un objectif bien précis, Dominique parvient à séduire Isabelle, et à l’épouser… Que se trame-t-il derrière ce mariage qui n’est peut-être pas aussi idyllique qu’il n’y paraît ?

Les hasards de la vie et de ses rencontres, vont progressivement métamorphoser Isabelle, en calculatrice rusée, boulimique de pouvoir et de richesses…

Cet ouvrage vous transportera dans les coulisses d’un monde sulfureux, mêlant trafics divers, amour, tendresse, intrigues, sexe et politique. Une histoire passionnante pleine de suspense, émaillée d’humour de circonstance.

Première page

Peu après la fin de la seconde guerre mondiale, Raymond Verlon, jeune ingénieur Lyonnais employé par une grande entreprise de travaux publics, fut envoyé en mission à Bastia. Il tomba très vite sous les charmes conjugués de l’Ile de Beauté, et de Marie-Louise, jolie bastiaise de vingt ans, qu’il épousera quelques mois plus tard. Deux bonnes raisons de jeter l’ancre dans ce paradis.

Le couple s’installa dans un charmant petit village de pêcheurs, à quelques kilomètres de Bastia, où ils achetèrent une vieille bâtisse en décrépitude, construite sur une base rocheuse en surplomb de mer, parmi les pins maritimes, lauriers et eucalyptus odorants.

De cette union naquirent deux enfants, un garçon prénommé Dominique et, cinq ans plus tard, Gabrielle. Pour les Verlon, la définition du bonheur se résumait exactement à cela. Tout allait merveilleusement bien sous le ciel bleu, dans un paysage de carte postale d’une beauté enchanteresse, digne d’inspirer les artistes, qu’ils fussent peintres, chanteurs, écrivains ou poètes.

Durant douze ans, Raymond consacra la plus grande partie de ses loisirs à la restauration de leur maison, le résultat était prodigieux, d’une ruine il avait fait un véritable petit palais. Toute la famille vivait heureuse dans cette superbe demeure que les habitants du village appelaient le «donjon», à cause de la tour ronde accolée à la maison.

Raymond avait construit de ses mains cette tour, aménagée avec un goût raffiné. Au rez-de-chaussée une salle de jeux ; un escalier en colimaçon conduisait à la bibliothèque du premier. Au second était installé un laboratoire photo, et, en passionné d’astronomie, la partie supérieure de la tour était destinée à l’usage de son télescope et de ses divers instruments d’observation.

Il faut croire que le bonheur n’apprécie pas ceux qui s’en approchent de trop près, car, un samedi matin, Raymond qui installait une antenne télé, glissa du toit et fit une chute mortelle sur l’allée de pierres plates en contrebas.

Ce fut pour la famille Verlon, une descente vertigineuse aux enfers. Le terrible chagrin qui secoua Marie-Louise, la fit sombrer dans une grave dépression. En quelques mois elle perdit totalement la raison, et fut internée à l’hôpital psychiatrique de Bastia.

Camille, la mère de Marie-Louise qui habitait un petit appartement dans le centre de Bastia, vint s’installer au «donjon» pour élever les deux enfants.

Pour la petite Gabrielle âgée de six ans, le choc passé, elle retrouva rapidement les joies de l’enfance. Par contre, très marqué par la mort brutale de son père et l’internement de sa mère, Dominique alors âgé de onze ans, devint un garçon taciturne, comme égaré, refusant de travailler à l’école, ne s’intéressant plus à rien.

Assis durant des heures sur un petit rocher face à la mer, il restait figé, comme pétrifié, le regard perdu dans l’immensité bleue. Mamie Camille se désolait de le voir ainsi morose. Pourtant, elle faisait tout ce qu’elle pouvait pour l’entourer et le choyer avec une infinie tendresse, lui donnant tout l’amour qu’elle avait dans son cœur. Elle espérait toujours que demain ça irait mieux, que sa langueur s’arrangerait d’elle-même.

Hélas, malgré sa patience et son infinie bonté, elle fut bien obligée de constater que ses efforts restaient vains, que le temps n’arrangeait rien. Désespérée, elle finit par l’emmener en consultation à l’hôpital où était soignée Marie-Louise. Les médecins diagnostiquèrent un état dépressif grave, pour lequel il dut subir un traitement durant plus d’une année, avant de commencer à sortir de sa mélancolie.

Petit à petit, tout rentra dans l’ordre, sa maladie lui ayant fait perdre deux années scolaires, il cessa d’aller en classe dès ses quinze ans, après avoir échoué au Certificat d’Études Primaires. Ne se sentant ni suffisamment doué, ni assez courageux pour tenter une nouvelle année d’école, il préféra chercher du travail et fut embauché comme apprenti chez un artisan maçon.

Quelques temps plus tard, il se mit à fréquenter des petits voyous, se laissa entraîner à commettre diverses rapines dans des magasins, simplement pour ne pas passer pour un dégonflé aux yeux de ses copains. Il voulait se prouver à lui-même, qu’il était capable de faire aussi bien qu’eux.

Pris dans cet engrenage malsain, il progressa dans la petite délinquance comme irrésistiblement poussé par un esprit malin. C’est ainsi qu’il en arriva à voler, vélos, cyclomoteurs et motos, que les bricoleurs du clan maquillaient et revendaient. Les recettes étaient réparties suivant un barème hiérarchisé.

Personne dans son entourage ne soupçonnait ses activités répréhensibles. Mamie Camille qui rendait régulièrement visite à son employeur, s’entendait dire avec délectation, comme si le miel parfumé des montagnes coulait dans ses oreilles, que son Doumé chéri était un excellent apprenti, courageux et plein d’avenir dans ce métier…